LKR · Sri Lanka

La roupie sri-lankaise

Une île, des royaumes, mille façons de donner forme à la valeur.

Sur un cent de cuivre, Victoria fait face à un palmier. Sur un kahavanu, une silhouette médiévale tient un objet symbolique. Sur les billets, danseurs et papillons côtoient ponts et barrages. La roupie du Sri Lanka appartient à cette histoire de rencontres : celle d’une île dont les monnaies regardent depuis longtemps au-delà de la mer.

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Avant la roupie : une île ouverte sur la mer

Dans les collections monétaires du Sri Lanka, le commencement ne ressemble pas à un billet de banque. Ce sont de petits fragments d’argent, découpés puis marqués de poinçons : les kahapana. Leur forme irrégulière rappelle une époque où l’on reconnaissait une pièce autant à son poids et à ses signes qu’à son contour. La banque centrale situe leur usage dans l’île entre le IIIe siècle avant notre ère et le Ier siècle de notre ère. Ces monnaies témoignent de relations anciennes avec le sous-continent indien ; elles ne sont pas encore des roupies.

Anuradhapura, les ports et les lieux de passage ont livré des monnaies de provenances diverses. Des pièces romaines et leurs imitations locales, des monnaies indiennes, puis des espèces chinoises ou islamiques permettent de suivre des échanges qui dépassaient largement les limites de l’île. Un objet découvert au Sri Lanka n’y a donc pas nécessairement été fabriqué. Inversement, une pièce qui emprunte un dessin étranger peut avoir été produite localement : le trésor de Matara, étudié notamment dans les collections du British Museum, éclaire cette circulation des modèles.

Il faut aussi distinguer monnaie et richesse. Les récoltes, les terres, les services et les dons aux établissements religieux ne se ramènent pas tous à un paiement en espèces. Les inscriptions et les trouvailles archéologiques complètent ce que disent les pièces. Ensemble, elles montrent une histoire faite de plusieurs usages et de plusieurs unités, bien avant l’apparition d’une monnaie nationale uniforme.

Pour approfondir : CBSL · History of Currency in Sri Lanka · British Museum · Matara hoard, 1929,1204.18

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L’or des royaumes, le cuivre des marchés

Le kahavanu d’or médiéval fait entrer le lecteur dans un autre univers visuel : un personnage debout sur une face, une figure assise sur l’autre, des objets symboliques et des inscriptions. Les attributions et les dates de certaines émissions anonymes demeurent discutées. Pour l’exemplaire illustré, la fiche de collection propose une datation large à l’époque de Polonnaruwa ; il serait trompeur de transformer cette fourchette en année précise de frappe.

Kahavanu d’or anonyme, attribué à l’époque de Polonnaruwa. Deux figures et des signes symboliques occupent les faces ; la datation de la fiche de collection reste large (vers 1056–1236).
Kahavanu d’or anonyme, attribué à l’époque de Polonnaruwa. Deux figures et des signes symboliques occupent les faces ; la datation de la fiche de collection reste large (vers 1056–1236).Fred Cherrygarden · Source · CC BY-SA 4.0 · redimensionnée, sans recadrage

Les monnaies de cuivre généralement appelées massa reprennent ce langage de figures debout et assises. Sous les souverains chola puis les rois de l’île, les légendes deviennent un outil d’identification. On rencontre notamment les noms de Vijayabahu, de Parakramabahu et de la reine Lilavati. Ces inscriptions ne résolvent cependant pas tout : des souverains homonymes ou plusieurs règnes d’une même personne compliquent parfois l’attribution.

Massa de cuivre attribué à Parakramabahu II (XIIIe siècle). Les figures assise et debout prolongent un vocabulaire monétaire médiéval ; la légende participe à l’attribution.
Massa de cuivre attribué à Parakramabahu II (XIIIe siècle). Les figures assise et debout prolongent un vocabulaire monétaire médiéval ; la légende participe à l’attribution.Jean-Michel Moullec · Source · CC BY 2.0 · redimensionnée, sans recadrage

Le Nord possède également sa propre histoire monétaire. Les monnaies setu associées au royaume de Jaffna montrent un taureau couché et prolongent, en l’adaptant, une partie du répertoire des massa. Elles empêchent de raconter l’histoire de l’île comme celle d’un seul pouvoir ou d’un seul atelier. Observer ensemble les métaux, les légendes et les lieux de découverte rend à cette histoire sa diversité.

Plus tard, les larins, fils d’argent repliés et marqués, rappellent une autre géographie : celle des échanges avec le golfe Persique et les rivages de l’océan Indien. Leur silhouette en crochet les distingue immédiatement d’une pièce ronde. Les témoignages sur le royaume de Kandy évoquent leur fabrication et leur circulation. Une monnaie peut ainsi être reconnue par une forme très éloignée du disque métallique auquel nous sommes habitués.

Pour approfondir : CBSL · History of Currency in Sri Lanka

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Ports portugais, ateliers néerlandais et premiers papiers

À partir du XVIe siècle, la présence portugaise sur les côtes ajoute de nouvelles espèces à un paysage déjà composite. Les réseaux de Goa, les monnaies portant les armes portugaises, les tangas et les panams relient les places maritimes à un ensemble commercial plus vaste. L’intérieur du pays ne passe pas simultanément sous la même autorité : le royaume de Kandy reste un acteur indépendant. L’histoire politique et la circulation des espèces ne dessinent pas toujours les mêmes frontières.

Les Néerlandais achèvent de chasser les Portugais de leurs positions côtières en 1658. La Compagnie néerlandaise des Indes orientales, la VOC, apporte ses marques et ses unités. Les petits duits de cuivre, les stuivers et les comptes en rixdales coexistent avec d’autres monnaies. Des frappes locales, notamment à Colombo, répondent aux besoins du territoire. Les marques d’atelier et les initiales de la compagnie permettent aujourd’hui de distinguer ces productions des monnaies importées.

Le papier arrive dans ce contexte colonial, bien avant la banque centrale. Le 10 mai 1785, l’administration néerlandaise émet une première série de billets, après une autorisation donnée en mars. Les fortes dépenses de l’administration et les difficultés du Trésor expliquent ce recours à des promesses écrites de paiement. Les signatures officielles deviennent alors un élément de confiance qui remplit, sur le papier, une fonction comparable à celle des marques sur le métal.

Ces billets ne créent pas la roupie sri-lankaise. Ils constituent une étape distincte : l’entrée du papier dans les moyens de paiement de l’île. De même, une rixdale employée comme unité de compte ne doit pas être confondue sans examen avec une pièce d’argent particulière. Les inventaires anciens mêlent souvent valeur de compte, espèce effectivement remise et conversion officielle.

Pour approfondir : CBSL · History of Currency in Sri Lanka

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La roupie s’installe, le cent change les habitudes

Les Britanniques occupent les possessions néerlandaises en 1796 ; la convention de 1815 met fin à l’indépendance du royaume de Kandy. Les premières monnaies britanniques de Ceylan conservent pourtant une partie du vocabulaire précédent. Le stiver de 1815 illustré ici porte George III d’un côté et un éléphant de l’autre. Il montre à quel point un changement de souveraineté peut précéder la transformation complète des usages monétaires.

Un stiver de Ceylan, 1815 : George III et l’éléphant. Cette monnaie britannique conserve une unité issue de l’histoire néerlandaise de l’île. Photographie des deux faces.
Un stiver de Ceylan, 1815 : George III et l’éléphant. Cette monnaie britannique conserve une unité issue de l’histoire néerlandaise de l’île. Photographie des deux faces.Петров Эдуард · Source · CC0 1.0 · redimensionnée, sans recadrage

Au XIXe siècle, la roupie indienne prend une place croissante. Les échanges avec l’Inde, le financement des plantations et les besoins de salaires favorisent cet usage. Les travailleurs venus du sud de l’Inde, souvent soumis à des conditions difficiles, participent à cette économie de plantation. La monnaie relie ainsi les recettes d’exportation, la paie sur les domaines et les dépenses familiales, dans une société où l’accès à la richesse reste profondément inégal.

Un cent de cuivre au portrait de Victoria, millésime 1870. La série décimale entre en circulation en 1872 : date sur la pièce et date d’émission sont deux repères distincts.
Un cent de cuivre au portrait de Victoria, millésime 1870. La série décimale entre en circulation en 1872 : date sur la pièce et date d’émission sont deux repères distincts.Петров Эдуард · Source · CC0 1.0 · redimensionnée, sans recadrage

La réforme décisive est la division de la roupie de Ceylan en 100 cents, introduite en 1872. Les premières pièces décimales portent le millésime 1870 : l’année inscrite sur une monnaie n’est donc pas forcément son année de mise en circulation. Le cent de cuivre illustré associe le portrait de Victoria, le nom CEYLON, la valeur et les écritures locales. Un petit objet rend visible l’articulation entre pouvoir impérial et usage quotidien.

Le système ceylanais ne devient pas pour autant identique au système indien. Une unité appelée « roupie » peut partager une histoire avec une autre sans posséder les mêmes subdivisions ni le même émetteur. C’est pourquoi 1869 ne doit pas être présenté comme un commencement absolu et 1950 comme une séparation soudaine d’une monnaie jusque-là exclusivement indienne. La transformation s’effectue par étapes.

Pour approfondir : CBSL · Currency issued by the Central Bank of Sri Lanka, 60th Anniversary Volume · CBSL · History of Currency in Sri Lanka

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Quand le papier manque, même les cents deviennent billets

Pendant une partie du XIXe siècle, les billets du Trésor côtoient ceux de banques privées. Le nom d’une banque sur un billet compte alors autant que le montant : il désigne l’institution dont dépend la promesse de paiement. Le commerce maritime a besoin de sommes importantes transportables, mais la diversité des émetteurs impose aussi de savoir à qui l’on fait confiance.

Un cent de cuivre, Ceylan, 1928 : George V et la valeur faciale. Les pièces de la période coloniale restent une composante du quotidien, à côté du papier-monnaie gouvernemental.
Un cent de cuivre, Ceylan, 1928 : George V et la valeur faciale. Les pièces de la période coloniale restent une composante du quotidien, à côté du papier-monnaie gouvernemental.Samuel Ho · YiShin Copper Collection · Source · CC BY-SA 3.0 · redimensionnée, sans recadrage

L’ordonnance de 1884 sur le papier-monnaie établit le cadre du Board of Commissioners of Currency, composé de hauts responsables coloniaux. Les billets du gouvernement de Ceylan précèdent ainsi largement l’indépendance. Dans un système de caisse d’émission, la création monétaire est étroitement encadrée par les réserves et les règles de couverture ; l’institution dispose de moins de moyens d’action qu’une banque centrale chargée du crédit et de la stabilité bancaire.

La Seconde Guerre mondiale apporte une curiosité révélatrice des besoins concrets : des billets de très faible valeur remplacent des pièces manquantes. Les émissions subsidiaires comprennent notamment 5, 10, 25 et 50 cents. Le billet de 5 cents fait appel aux empreintes de timbres de 2 et 3 cents. Ce bricolage administratif n’annonce pas une autre unité monétaire : il permet de rendre la monnaie quand le petit métal fait défaut.

À l’autre extrémité de l’échelle, certaines fortes coupures servent surtout aux opérations bancaires. Un billet de 10 000 roupies ancien ne doit donc pas être présenté comme un objet ordinaire du marché ou comme une nouveauté récente. Le public auquel une émission est destinée fait partie de son histoire, au même titre que son portrait ou sa couleur.

Pour approfondir : CBSL · History of Currency in Sri Lanka · CBSL · Bank History

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1948–1950 : construire une institution nationale

Ceylan devient indépendant le 4 février 1948. Deux ans plus tard, le 28 août 1950, la Central Bank of Ceylon commence ses opérations dans le cadre de la loi monétaire de 1949. Elle reprend les engagements et les fonctions de la caisse d’émission, mais reçoit un mandat plus large. L’événement n’est pas l’invention de la roupie : c’est la transformation de son gouvernement.

Le rôle de John Exter est essentiel. Cet économiste américain, issu du Federal Reserve Board, est chargé de préparer la création de la banque ; son rapport est présenté en 1949 et il devient le premier gouverneur. La filiation institutionnelle ne doit donc pas être attribuée par défaut à la Banque d’Angleterre. L’État indépendant cherche une institution capable de répondre aux besoins du pays, au-delà de la simple couverture des billets.

Les images ne changent pas toutes au même rythme que les lois. Les séries de la nouvelle banque conservent d’abord George VI puis Elizabeth II ; les armoiries de Ceylan, le portrait de S. W. R. D. Bandaranaike et l’évocation du roi Parakramabahu prennent ensuite place dans les séries des années 1950 et 1960. Ces choix mettent successivement en avant la continuité du dominion, l’État et la profondeur historique de l’île.

Pour approfondir : CBSL · Bank History · CBSL · Currency issued by the Central Bank of Sri Lanka, 60th Anniversary Volume

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1957–1972 : le patrimoine dans la poche

En 1957, la banque centrale émet ses premières monnaies commémoratives, consacrées au 2500e anniversaire du passage du Bouddha au parinirvana. La pièce de 5 roupies en argent, fabriquée par la Royal Mint britannique, déploie un décor animalier autour du nombre 2500 et un motif végétal autour de la valeur. Elle fait de la surface monétaire un lieu de mémoire, dans un format bien plus ample qu’un petit cent de circulation.

Cette pièce possède un diamètre de 38,61 mm et un poids de 28,28 g selon le catalogue de la banque centrale. Une émission de 1 roupie en cupronickel accompagne la commémoration. Ce sont des monnaies de l’époque indépendante : l’appellation « British » parfois ajoutée à un nom de fichier de collection ne transforme pas 1957 en période coloniale. L’atelier britannique est un fabricant, pas l’autorité politique émettrice.

En 1963, une série courante allant du cent à la roupie remplace les portraits royaux par les armoiries de Ceylan. En 1972, la République prend le nom de Sri Lanka et les nouvelles armoiries remplacent la couronne par la roue du Dharma. Il n’y a pas, à cette occasion, de suppression de zéros ni de conversion des anciens soldes dans une nouvelle unité : la roupie demeure la roupie.

Le nom de la banque suit un autre calendrier : Central Bank of Ceylon devient Central Bank of Sri Lanka en 1985. Pays, monnaie, légendes des espèces et institution ne changent donc pas nécessairement de nom le même jour. Les inscriptions cinghalaises, tamoules et anglaises des monnaies modernes rendent également intenable l’idée d’un effacement général du tamoul sur les billets après 1972.

Pour approfondir : CBSL · Commemorative Coins and Notes · CBSL · Currency issued by the Central Bank of Sri Lanka, 60th Anniversary Volume · CBSL · Bank History · CBSL · Current Note Series

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Des portraits aux oiseaux : renouveler le récit national

Les transformations économiques des années 1970 changent le contexte de la roupie. Les restrictions aux importations et aux changes, puis l’ouverture engagée en 1977, modifient les relations entre recettes extérieures, crédit et prix intérieurs. Cette histoire ne se résume ni à un âge d’or sans difficultés avant 1970, ni à la disparition instantanée de tous les contrôles après 1977. Les institutions monétaires ajustent leurs outils au fil de plusieurs réformes.

Les billets offrent un autre fil conducteur. La série de 1979 donne une place centrale à la faune et à la flore ; les séries suivantes explorent l’archéologie, l’histoire, le développement et le patrimoine. L’image d’un pays peut ainsi se construire sans qu’un dirigeant occupe nécessairement le centre de chaque coupure. Une espèce animale, un monument ou un ouvrage d’art devient une manière de raconter un territoire.

La guerre civile, de 1983 à 2009, impose de lourdes souffrances humaines et désorganise durablement des activités et des régions. Un événement touche directement l’institution monétaire : l’attentat du 31 janvier 1996 contre le siège de la banque centrale à Colombo. Des employés et des membres du public sont tués ; les services reprennent depuis des implantations provisoires. Maintenir les paiements et préserver les archives devient une tâche très concrète de continuité institutionnelle.

Il serait en revanche hasardeux d’attribuer à la guerre l’ensemble des progrès techniques des billets ou des paiements électroniques. La sécurité des espèces répond aussi à l’évolution internationale de l’imprimerie fiduciaire. Les objets attestent des choix de fabrication et d’iconographie ; ils ne prouvent pas, à eux seuls, une causalité politique ou économique.

Pour approfondir : CBSL · Currency issued by the Central Bank of Sri Lanka, 60th Anniversary Volume · CBSL · Bank Headquarters

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Lire les billets : ponts, papillons et danseurs

La onzième série, mise en circulation en 2011, associe développement, prospérité et danseurs sri-lankais. Ses six valeurs principales, de 20 à 5 000 roupies, ont une hauteur commune de 67 mm et des longueurs croissantes. Les dates de préparation, de signature ou d’impression ne doivent pas être confondues avec l’entrée en circulation : la documentation présente aussi cette famille comme une série de 2010.

Au recto, ouvrages modernes et paysages dialoguent avec des oiseaux et des papillons. Au verso, les compositions se lisent verticalement : danseurs, musiciens, pierres de garde et motifs végétaux composent une scène plutôt qu’un simple décor. Le billet de 100 roupies présente notamment le Bharatanatyam et le mridangam, un choix qui rend visible une tradition associée à la culture tamoule.

Ces associations proposent une lecture du pays par ses infrastructures autant que par ses arts. Le pont n’efface pas le musicien, pas plus que l’oiseau ne remplace le bâtiment : chaque billet superpose plusieurs registres. Le tableau ci-dessous permet de retrouver les principaux sujets sans confondre ces six coupures avec toutes les émissions, anciennes ou commémoratives, de la banque centrale.

Les six coupures de la série de 2011
Valeur (LKR)Dimensions (mm)Au rectoAu verso
20128 × 67Port de Colombo · petit-duc de SérendipVes Netuma · Geta Bera
50133 × 67Ponts de Manampitiya · gobemouche bleuVadiga Patuna · Yak Bera
100138 × 67Énergie et Laxapana · cratérope orangéBharatanatyam · mridangam
500143 × 67Colombo et Lankathilake · perruche de LayardThelme Netuma · Yak Bera
1 000148 × 67Tunnel de Ramboda · coryllis de CeylanMalpadaya Netuma · Daul Bera
5 000153 × 67Barrages · bulbul à oreilles jaunesNagaraksha · Guruluraksha

Pour approfondir : CBSL · Current Note Series · CBSL · Currency issued by the Central Bank of Sri Lanka, 60th Anniversary Volume · CBSL · 2,000 rupees, notice of 15 September 2025

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Fabriquer une roupie : papier, acier et ateliers

La banque centrale définit et approuve les caractéristiques des espèces ; elle en confie la fabrication à des entreprises spécialisées. Concevoir une monnaie, la frapper et la mettre en circulation sont donc trois opérations distinctes. Un pays peut disposer de son propre pouvoir monétaire tout en commandant des pièces à un atelier étranger.

La FAQ de la banque centrale identifie l’imprimerie De La Rue Lanka, à Biyagama, pour la production des billets. Le papier fiduciaire est composé de fibres de coton ; le billet commémoratif de 200 roupies de 1998 constitue une exception notable, réalisé en polymère pour le cinquantenaire de l’indépendance. Le support lui-même devient ici un marqueur d’innovation.

Les pièces racontent une histoire de durée de vie et de coût. Les valeurs de 2 et 5 roupies passent dans les séries courantes métalliques en 1984. Pour la famille de 1, 2, 5 et 10 roupies distribuée à partir du 3 décembre 2018, l’acier inoxydable, les dimensions et l’épaisseur contribuent à la solidité et à la reconnaissance tactile. Le millésime 2017 associé à cette famille ne doit pas conduire à avancer sa mise en circulation d’une année.

Les ateliers changent selon les marchés de fabrication : la banque cite Mincovňa Kremnica en Slovaquie pour cette série et la China Banknote Printing and Minting Corporation pour la pièce de 20 roupies de 2020. Ces noms prolongent une longue histoire d’ateliers locaux, coloniaux et internationaux. Une fois les espèces revenues des banques commerciales, les machines de tri séparent les billets encore utilisables de ceux qui doivent être détruits.

Pour approfondir : CBSL · Currency FAQs · CBSL · Currency Management · CBSL · New circulation coin series, December 2018

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2022 : une crise de confiance, sans nouvelle unité

La crise de 2022 place la roupie au centre des préoccupations quotidiennes. La diminution des recettes extérieures, les fragilités budgétaires et de dette, les effets de la pandémie et les erreurs de politique économique se combinent. Le manque de devises rend plus difficiles les importations de carburant, de médicaments et d’autres biens essentiels. Les difficultés ne se mesurent pas seulement à un cours de change : elles se vivent dans les déplacements, l’activité des commerces et les dépenses familiales.

La dépréciation de la roupie et la hausse des prix diminuent le pouvoir d’achat. Pourtant, aucune nouvelle unité ne remplace la roupie pendant cette crise. Un billet peut conserver sa valeur faciale et permettre d’acheter beaucoup moins qu’auparavant. Distinguer le nombre imprimé, les prix intérieurs et la valeur extérieure évite de confondre inflation, dépréciation et changement de monnaie.

En mars 2023, le FMI approuve un programme de quatre ans d’environ 3 milliards de dollars, associé à des réformes et à la restauration de la soutenabilité de la dette. La loi de 2023 sur la banque centrale refonde parallèlement le cadre institutionnel, avec la stabilité des prix comme objectif principal. Ce sont des jalons historiques ; ils ne garantissent pas par eux-mêmes une trajectoire future ni une expérience identique pour tous les ménages.

Pour approfondir : IMF · EFF arrangement, 21 March 2023 · CBSL · Bank History

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Une monnaie qui conserve plusieurs mémoires

L’histoire continue aussi par des émissions qui commémorent. Le billet de 1 000 roupies du 70e anniversaire de l’indépendance, en 2018, reprend la famille de 2011 en y introduisant des éléments propres à la célébration. En août 2025, la banque centrale émet un billet commémoratif de circulation de 2 000 roupies pour ses 75 ans. Une commémoration peut donc être une espèce destinée aux paiements, et non exclusivement un objet vendu aux collectionneurs.

À l’inverse, une pièce de collection en argent, en or ou de qualité particulière peut circuler très peu malgré sa valeur faciale. Le métal précieux, le tirage, la présentation et l’état de conservation appartiennent alors à une autre histoire que celle du paiement quotidien. Le mot « commémoratif » ne suffit pas à déterminer l’usage réel.

Des poinçons du kahapana aux danseurs des billets, l’île n’a cessé d’emprunter, de fabriquer et de réinterpréter ses signes monétaires. Les collections du musée d’histoire économique de la banque centrale permettent de suivre ces passages. Le fil durable n’est ni une stabilité parfaite ni une succession de crises : c’est la manière dont une société donne une forme reconnaissable à la valeur, et renouvelle les institutions qui la soutiennent.

Pour approfondir : CBSL · 2,000 rupees, notice of 15 September 2025 · CBSL · Commemorative Coins and Notes · CBSL · Economic History Museum

DOCUMENTATION

Sources et crédits

Recherche et rédaction arrêtées au 15 octobre 2026. Les références institutionnelles sont liées au fil des chapitres ; les photographies et leurs crédits sont conservés localement.

Manifeste des images et des licences